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Le budget 2016 met en danger le réseau des CROUS

Le projet de loi de finances 2016 recèle deux mauvaises nouvelles pour le réseau des CROUS : une baisse d'un million d'euros des autorisations d'engagement et surtout une baisse de 50 millions d'euros des crédits de paiement. En clair, les œuvres universitaires disposeront d'un peu moins d'argent pour assumer leur mission et surtout elles devront puiser davantage dans leur trésorerie pour le faire. Pour le Sgen-CFDT, c'est l'ensemble du réseau des CROUS qui est ainsi mis en danger.

La réduction des autorisations d'engagement est un bien mauvais signal envoyé à la communauté universitaire au moment où celle-ci doit prendre en charge un nombre croissant d'étudiants, et notamment d'étudiants en situation financière et sociale fragile. Elle se rajoute à la difficulté du gouvernement à mettre en adéquation sa politique budgétaire et les ambitions qu'il dit vouloir se donner en matière d'enseignement supérieur.

Mais, c'est surtout la baisse drastique des crédits de paiement qui suscite la plus forte alarme. Le Sgen-CFDT avait dès le mois de septembre dénoncé la tentation de ponctionner, sous une forme ou sous une autre, la trésorerie des CROUS. Cela ne fait que réduire au bout du compte leur capacité d'investissement, alors que celle-ci est la clé de leur modernisation et de la consolidation de leur mission.

Le Sgen-CFDT rappelle enfin que ce sont toujours les personnels, et plus particulièrement les personnels ouvriers, rémunérés sur les ressources propres des CROUS, qui font les frais d'une rigueur financière excessive. Compte tenu de leur niveau d'engagement professionnel et de leur situation sociale, c'est inacceptable pour le Sgen-CFDT. 

 

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CROUS, le Sgen-CFDT écrit à la ministre

Le 4 décembre dernier, Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT, a adressé le courrier ci-dessous à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche à propos des CROUS. 

Madame la Ministre,

Le Sgen-CFDT reste très attaché au maintien des missions de service public en faveur de la vie étudiante. La loi de juillet 2013 en a rappelé l'importance pour la démocratisation de l'enseignement supérieur. Or les évolutions en cours concernant le fonctionnement des Crous, l'évolution des métiers, la redistribution des emplois, nous font craindre une dégradation accélérée aussi bien des conditions de travail des personnels que des services rendus aux étudiants.

La diminution du budget des Crous atteindra en 2014 une ampleur inacceptable. Elle ne peut être interprétée que comme un désengagement de l’État extrêmement inquiétant.

Comme vous le savez, la masse salariale représente plus de la moitié du budget de chaque Crous. De plus en plus souvent, elle devient donc la variable d'ajustement qui permet de financer les autres dépenses, ce qui aggrave inéluctablement la réduction du nombre d'emplois et la détérioration des conditions de travail des personnels.

Dans ce contexte, alors qu'elles auraient pu ouvrir des perspectives intéressantes pour la reconnaissance du professionnalisme des personnels et faciliter les évolutions de carrière, les discussions en cours sur les métiers pourraient bien n'être qu'un leurre : confier de plus en plus de tâches aux agents, mais bien plus, continuer de confier de plus en plus souvent à des personnels ouvriers des fonctions de personnels administratifs, permettra simplement d'accélérer la diminution du nombre de fonctionnaires affectés dans les Crous.

Les personnels ouvriers des Crous payent de plus en plus cher le fait de ne pas avoir été transférés aux collectivités territoriales en même temps que leurs collègues de l’Éducation nationale à partir de 2003. Il est urgent de tenir la promesse qui leur est faite depuis des années de revalorisation de leur grille salariale. Mais il doit s'agir d'une véritable revalorisation : les propositions actuelles de la direction du Cnous sont en l'état inacceptables.

Nous souhaitons enfin attirer votre attention sur la « qualité » du dialogue social dans les Crous. L'accumulation de témoignages accablants nous permet d'affirmer que dans une majorité de Crous, le pouvoir exorbitant des directeurs s'exerce de façon très opaque, souvent dans le plus grand mépris des personnels et de leurs représentants, voire de la réglementation.

Nous ne comprenons pas que cette situation, si souvent dénoncée, perdure. Nous ne comprenons pas le silence de la direction du Cnous sur nombre des dysfonctionnements graves qui lui sont régulièrement signalés.

Madame la Ministre, c'est aujourd'hui l'avenir même des Œuvres universitaires et de leurs personnels qui est menacé. Nous sommes à votre disposition pour une rencontre rapide sur ces questions. Nous ne demandons qu'à être rassurés.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l'assurance de mes sentiments déférents.

Frédéric Sève, Secrétaire général du Sgen-CFDT

Télécharger le courrier à la ministre

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